1. Vocabulaire : ensembles finis et cardinal
Un ensemble fini possède un nombre fini d'éléments, appelé cardinal de et noté ou . Dénombrer, c'est compter le nombre d'éléments d'un ensemble ou le nombre de configurations possibles. Si et sont deux ensembles finis disjoints, on a . Dans le cas général, .
2. Principe additif
Si une situation se décompose en plusieurs cas disjoints (qui n'ont aucune issue commune), le nombre total de possibilités est la somme des possibilités de chaque cas. Par exemple, choisir une carte rouge OU une figure noire : on additionne après avoir vérifié qu'il n'y a pas de double comptage.
Exemple : un menu propose 3 entrées végétariennes et 4 entrées non végétariennes. Comme ces choix s'excluent, il y a entrées possibles.
3. Principe multiplicatif
Lorsqu'un choix se fait en plusieurs étapes successives indépendantes, le nombre total de possibilités est le produit du nombre de possibilités à chaque étape. C'est le principe fondamental du dénombrement.
Exemple : un menu avec 3 entrées, 5 plats et 2 desserts offre repas différents. On parle aussi de cardinal d'un produit cartésien : .
4. k-uplets (listes avec répétition)
Un -uplet (ou -liste) d'un ensemble à éléments est une suite ordonnée de éléments de , les répétitions étant autorisées. Par le principe multiplicatif, chacune des positions peut être remplie de façons :
Exemple : un code de carte bancaire à 4 chiffres correspond à un -uplet de : il y a codes possibles. L'ordre compte et un même chiffre peut se répéter.
5. k-uplets d'éléments distincts : les arrangements
Un arrangement de éléments parmi est un -uplet d'éléments deux à deux distincts : l'ordre compte, sans répétition. La première position offre choix, la deuxième , etc., jusqu'à la -ième qui en offre . On note ce nombre :
Exemple : un podium (or, argent, bronze) parmi 8 athlètes : classements possibles.
6. Permutations et factorielle
Une permutation d'un ensemble à éléments est un arrangement de ses éléments : c'est un rangement ordonné de tous les éléments. Leur nombre est la factorielle de :
avec la convention . Une permutation est le cas particulier .
Exemple : le nombre de façons de ranger 5 livres distincts sur une étagère est .
7. Combinaisons et coefficient binomial
Une combinaison de éléments parmi est un sous-ensemble (une partie) à éléments : l'ordre ne compte pas et il n'y a pas de répétition. Le nombre de combinaisons est le coefficient binomial :
On divise les arrangements par car chaque sous-ensemble est compté fois (une fois par ordre de ses éléments).
Exemple : tirer 3 cartes d'un jeu de 32 (l'ordre est sans importance) : mains.
8. Propriétés du coefficient binomial
Cas particuliers : et .
Symétrie : choisir les éléments d'une partie revient à choisir les éléments qu'on laisse de côté, d'où
Relation de Pascal : pour ,
Elle s'interprète en fixant un élément : soit on le prend (il reste choix), soit on ne le prend pas ( choix).
9. Triangle de Pascal
La relation de Pascal permet de construire ligne par ligne le triangle de Pascal, où chaque coefficient est la somme des deux situés juste au-dessus de lui. La ligne donne tous les pour allant de à . C'est un moyen rapide de calculer les petits coefficients sans factorielle.
10. Parties d'un ensemble
Le nombre total de parties (sous-ensembles) d'un ensemble à éléments est : pour chaque élément, on décide de le prendre ou non, soit choix indépendants. En classant les parties selon leur taille, on retrouve la formule du binôme évaluée en :
Exemple : un ensemble de 4 objets possède parties (en comptant l'ensemble vide et l'ensemble entier).
11. Lien avec la loi binomiale
Le coefficient binomial compte le nombre de façons de placer les succès parmi répétitions. C'est exactement ce qui apparaît dans la loi binomiale : si suit cette loi, alors
Le facteur dénombre les arrangements de succès et d'échecs, les puissances donnant la probabilité d'une issue particulière. La combinatoire fonde ainsi la modélisation probabiliste des épreuves répétées indépendantes.