1. Limite d'une fonction en l'infini
Soit une fonction définie sur un intervalle du type . On dit que a pour limite en , et on note , lorsque tout intervalle ouvert contenant contient toutes les valeurs pour assez grand. On dit que tend vers en , noté , lorsque tout intervalle contient toutes les valeurs pour assez grand. Par exemple, et .
Une limite peut ne pas exister : c'est le cas de ou en , qui oscillent sans se stabiliser.
2. Limite d'une fonction en un réel
Soit un réel. On dit que a pour limite en , noté , lorsque devient aussi proche de que l'on veut dès que est suffisamment proche de . Lorsque tend vers (ou ) quand se rapproche de , on parle de limite infinie en un réel : par exemple et .
On distingue souvent la limite à gauche () et la limite à droite (). La limite en existe seulement si ces deux limites latérales existent et sont égales.
3. Asymptotes
Si (ou en ), la droite d'équation est asymptote horizontale à la courbe de . Si , la droite verticale est asymptote verticale. Enfin, si , la droite est asymptote oblique. Par exemple, admet l'asymptote oblique en .
4. Opérations sur les limites
Les limites d'une somme, d'un produit ou d'un quotient se calculent à partir des limites des termes, à condition d'éviter les cas indéterminés. Pour la somme : si et , alors . Pour le produit, . Pour le quotient, si . Les règles s'étendent aux limites infinies avec la « règle des signes » habituelle (ex. et donne ).
5. Limite d'une fonction composée et théorèmes de comparaison
Si et , alors . Théorème de comparaison : si au voisinage de et , alors . Théorème des gendarmes (encadrement) : si et , alors . Exemple : donne .
6. Formes indéterminées et techniques pour les lever
Les quatre formes indéterminées (FI) sont , , et . On ne peut pas conclure directement : il faut transformer l'expression. Pour un polynôme ou un quotient de polynômes en , on factorise par le terme de plus haut degré : . Pour une FI en un réel, on factorise numérateur et dénominateur ou on utilise la quantité conjuguée avec des racines : , de limite en .
7. Croissances comparées
En , l'exponentielle l'emporte sur toute puissance, qui l'emporte sur le logarithme. Pour tout entier : et . De même et . Ces résultats permettent de lever de nombreuses FI mêlant , et des puissances.
8. Continuité en un point et sur un intervalle
Une fonction est continue en lorsque . Elle est continue sur un intervalle si elle l'est en chaque point de . Intuitivement, on trace sa courbe « sans lever le crayon ». Toute fonction dérivable sur est continue sur (la réciproque est fausse : est continue mais non dérivable en ). Les fonctions polynômes, rationnelles, racine, , , , sont continues sur tout intervalle de leur ensemble de définition, ainsi que leurs sommes, produits, quotients et composées.
9. Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
Théorème : si est continue sur , alors pour tout réel compris entre et , il existe au moins un réel tel que . En particulier, si et sont de signes contraires, l'équation admet au moins une solution dans . Ce théorème prouve l'existence d'une solution, pas son unicité.
10. Corollaire (théorème de la bijection)
Si est continue et strictement monotone sur , alors pour tout compris entre et , l'équation admet une unique solution dans . Le théorème s'étend aux intervalles ouverts ou infinis en remplaçant et par les limites aux bornes. C'est l'outil pour justifier qu'une équation possède une solution unique, qu'on encadre ensuite par balayage ou dichotomie.
11. Continuité et suites définies par
Pour une suite récurrente , si converge vers et si est continue en , alors vérifie l'équation de point fixe . En effet, en passant à la limite dans et par continuité, . Attention : ce résultat suppose la convergence déjà établie (par exemple via le théorème de la limite monotone) ; il ne la démontre pas à lui seul.