Version Bêta · Lancement officiel le 28 août 2026 Signaler un bug

Suites numériques

Cours complet inclus 50 exercices interactifs PDF téléchargeable Partager

Cours complet

Contenu du cours

1. Qu'est-ce qu'une suite numérique ?

Une suite numérique est une fonction définie sur (ou une partie de ) qui à chaque entier associe un réel noté , appelé terme de rang . On distingue (le terme) de (la suite entière). Exemple : donne , , .

2. Génération par formule explicite

Une suite est définie de façon explicite quand s'exprime directement en fonction de : . On calcule alors n'importe quel terme sans connaître les précédents. Exemple : donne directement .

3. Génération par récurrence

Une suite est définie par récurrence quand on donne le premier terme et une relation reliant à : . Pour obtenir , il faut calculer tous les termes précédents. Exemple : et donne , .

4. Sens de variation

Une suite est croissante si pour tout , décroissante si , et monotone si elle est croissante ou décroissante. On étudie le signe de la différence , ou pour une suite à termes strictement positifs on compare le quotient à .

5. Suites arithmétiques

Une suite est arithmétique si l'on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre , appelé raison : . La différence est constante. Exemple : est arithmétique de raison .

6. Suites arithmétiques : terme général et somme

Le terme général s'écrit (ou ). Une suite arithmétique est croissante si , décroissante si , constante si . La somme de termes consécutifs vaut le nombre de termes multiplié par la demi-somme des extrêmes : . Exemple : .

7. Suites géométriques

Une suite est géométrique si l'on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre , appelé raison : . Le quotient est constant. Exemple : est géométrique de raison .

8. Suites géométriques : terme général et somme

Le terme général s'écrit (ou ). La somme des puissances pour est . Plus généralement, . Exemple : .

9. Sens de variation d'une suite géométrique

Pour une suite géométrique à premier terme strictement positif : si elle est croissante, si elle est décroissante, si elle est constante. Si , la suite n'est pas monotone (les termes changent de signe).

10. Représentation graphique

On représente une suite par un nuage de points de coordonnées ; on ne relie pas les points. Pour une suite arithmétique, les points sont alignés (la raison joue le rôle d'un coefficient directeur). Pour une suite géométrique, les points suivent une croissance ou décroissance exponentielle.

11. Applications concrètes

Les suites arithmétiques modélisent les évolutions à variation constante (épargne avec versement fixe, remboursement linéaire). Les suites géométriques modélisent les évolutions en pourcentage : une hausse de correspond à une multiplication par , une baisse de par (intérêts composés, croissance d'une population).

12. Bilan : reconnaître le type d'une suite

Pour savoir si une suite est arithmétique, on calcule plusieurs différences : si elles sont toutes égales, c'est une suite arithmétique. Pour le caractère géométrique, on calcule plusieurs quotients : s'ils sont tous égaux, c'est une suite géométrique. Une suite peut n'être ni l'une ni l'autre.

✍️ Exemples résolus & démonstrations

Exemple 1 — Montrer qu'une suite est arithmétique

Énoncé. On considère la suite définie pour tout entier par . Démontrer que est arithmétique, préciser son premier terme et sa raison, puis calculer la somme .

Solution.

  1. Nature de la suite. Pour tout entier , on calcule la différence entre deux termes consécutifs : . Cette différence est constante, donc est une suite arithmétique de raison .
  2. Premier terme. En remplaçant par : . Le premier terme est .
  3. Calcul de la somme. La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut . Ici il y a termes (de à ). Le dernier est . Donc .

Exemple 2 — Montrer qu'une suite est géométrique et calculer une somme

Énoncé. Soit la suite définie par et, pour tout entier , . Démontrer que est géométrique, donner l'expression de en fonction de , puis calculer la somme .

Solution.

  1. Nature de la suite. Par définition, pour tout entier , . Le rapport entre deux termes consécutifs est donc constant et égal à : la suite est géométrique de raison et de premier terme .
  2. Terme général. Pour une suite géométrique, . On obtient ainsi pour tout entier .
  3. Calcul de la somme. Pour , on utilise . En factorisant par : . Comme , on a .

Exemple 3 — Reconnaître la nature d'une suite définie par récurrence

Énoncé. On définit la suite par et, pour tout entier , . Déterminer la nature de , exprimer en fonction de , puis calculer la somme pour et .

Solution.

  1. Nature de . Pour tout entier , . La différence est constante, donc est arithmétique de raison et de premier terme .
  2. Terme général. Pour une suite arithmétique, . Ainsi pour tout entier .
  3. Somme géométrique de raison . On applique la formule avec et . Le numérateur fait intervenir . On a donc .

🔑 Formules clés à retenir

  • Suite explicite : (calcul direct du terme de rang ).
  • Suite par récurrence : donné et .
  • Arithmétique — relation : .
  • Arithmétique — terme général : et .
  • Arithmétique — somme : .
  • Somme des premiers entiers : .
  • Géométrique — relation : .
  • Géométrique — terme général : et .
  • Somme des puissances () : .
  • Géométrique — somme générale : .
  • Variation d'une hausse de : ; baisse : .
⚠️

Astuces & Pièges à éviter

Les erreurs classiques — à lire avant les exercices !

  • Ne pas confondre et : est un nombre (le terme de rang ), désigne la suite entière.
  • Différence constante vs quotient constant : arithmétique = on ajoute toujours ; géométrique = on multiplie toujours par . Une erreur fréquente est de confondre les deux.
  • Piège du comptage des termes : de à , il y a termes (et non ). Pour à , cela fait termes.
  • Formule de somme géométrique : valable uniquement si . Si , tous les termes sont égaux et la somme vaut simplement .
  • et non : l'exposant est le rang quand on part de . Attention si la suite commence à .
  • Pourcentage : une hausse de correspond à , pas à . Une baisse de correspond à .
  • Hausses successives : deux hausses de ne donnent pas mais , soit .
  • Sens de variation et signe de : les règles ( croissante, etc.) supposent un premier terme positif. Si , la suite n'est jamais monotone.
  • Représentation : les points ne se relient jamais par une courbe continue, car une suite n'est définie que pour des entiers.
✏️

50 exercices corrigés — Suites numériques

Corrigés détaillés pas à pas · 3 niveaux de difficulté

Voir les exercices →