1. Vecteurs de l'espace
La notion de vecteur se généralise de la même façon que dans le plan. Un vecteur est défini par une direction, un sens et une longueur (sa norme ). Les opérations restent identiques : somme de deux vecteurs (relation de Chasles ), multiplication par un réel, et toutes les règles de calcul vectoriel du plan s'appliquent. La principale nouveauté est qu'on travaille désormais en trois dimensions.
Deux vecteurs et sont toujours coplanaires (ils déterminent au plus un plan), mais dans l'espace il faut trois vecteurs pour engendrer tout l'espace.
2. Bases et repères de l'espace
Trois vecteurs , , forment une base de l'espace s'ils ne sont pas coplanaires. Tout vecteur se décompose alors de manière unique : .
Un repère de l'espace est la donnée d'un point origine et d'une base , noté . Le repère est dit orthonormé si les trois vecteurs sont deux à deux orthogonaux et de norme . On travaillera le plus souvent dans un repère orthonormé.
3. Coordonnées d'un point et d'un vecteur
Dans un repère , un point a pour coordonnées si . Pour deux points et :
, le milieu de a pour coordonnées .
En repère orthonormé, la norme se calcule par , ce qui donne la distance . Exemple : pour et , on a et .
4. Colinéarité et coplanarité
Deux vecteurs et sont colinéaires s'il existe un réel tel que (ou si l'un est nul). Trois points , , sont alignés si et seulement si et sont colinéaires.
Trois vecteurs , , sont coplanaires s'il existe des réels et tels que (avec et non colinéaires). Quatre points , , , sont coplanaires si et seulement si se décompose sur et , c'est-à-dire s'il existe tels que .
5. Produit scalaire dans l'espace
Le produit scalaire de deux vecteurs et se définit comme dans le plan : , ou encore .
En repère orthonormé, l'expression analytique est très simple. Si et , alors . En particulier .
6. Orthogonalité
Deux vecteurs sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul : . Deux droites sont orthogonales si leurs vecteurs directeurs le sont. Exemple : et vérifient : ils sont orthogonaux.
Un vecteur est orthogonal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan : il est alors orthogonal à tout vecteur du plan.
7. Représentation paramétrique d'une droite
Une droite est déterminée par un point et un vecteur directeur non nul. Un point appartient à si et seulement si pour un réel . On obtient la représentation paramétrique :
.
Chaque valeur du paramètre donne un point de la droite. Exemple : la droite passant par de vecteur directeur a pour représentation .
8. Équation cartésienne d'un plan et vecteur normal
Un vecteur normal à un plan est un vecteur non nul orthogonal à . Un plan est entièrement déterminé par un point et un vecteur normal : le point appartient à si et seulement si .
On en déduit l'équation cartésienne du plan : , où sont les coordonnées d'un vecteur normal et se détermine en utilisant les coordonnées d'un point du plan. Réciproquement, toute équation de la forme (avec ) est l'équation d'un plan admettant pour vecteur normal.
9. Positions relatives de droites
Dans l'espace, deux droites peuvent être : coplanaires (sécantes ou parallèles) ou non coplanaires. Deux droites sont parallèles si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires (strictement parallèles si elles n'ont aucun point commun, confondues sinon). Si les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires, les droites sont sécantes (un point commun) ou non coplanaires (aucun point commun et non parallèles).
10. Positions relatives droite/plan et plan/plan
Une droite de vecteur directeur et un plan de vecteur normal : si , la droite est parallèle au plan (incluse dans ou strictement parallèle) ; si , la droite est sécante au plan en un unique point.
Deux plans de vecteurs normaux et sont parallèles si et sont colinéaires (confondus ou strictement parallèles), et sécants (selon une droite) sinon.
11. Intersections
Pour déterminer une intersection, on combine les représentations. Intersection d'une droite (paramétrée par ) et d'un plan (équation cartésienne) : on remplace , , par leurs expressions en dans l'équation du plan, on résout en , puis on calcule le point. Intersection de deux plans : on résout le système des deux équations cartésiennes, ce qui donne (si les plans sont sécants) une représentation paramétrique de la droite d'intersection.
12. Distances
La distance d'un point à un plan (repère orthonormé) vaut . C'est la longueur du segment reliant à son projeté orthogonal sur le plan. La distance entre deux points se calcule par la formule de la norme vue plus haut.