1. Définition et notation
Une matrice de taille est un tableau de nombres à lignes et colonnes. On note , où est le coefficient situé à la ligne et la colonne . Exemple : est une matrice ; ici et . Deux matrices sont égales si elles ont la même taille et les mêmes coefficients à chaque position.
2. Matrices particulières
Une matrice est carrée d'ordre lorsqu'elle a autant de lignes que de colonnes (). La matrice nulle ne contient que des . La matrice identité d'ordre , notée , a des sur la diagonale principale et des ailleurs : . Une matrice diagonale n'a de coefficients non nuls que sur la diagonale, comme . La matrice identité joue le rôle du nombre : .
3. Somme et produit par un réel
On additionne deux matrices de même taille coefficient par coefficient : . On multiplie une matrice par un réel en multipliant chaque coefficient : . Exemple : . Ces opérations suivent les règles usuelles : commutativité et associativité de l'addition, distributivité .
4. Produit matriciel
Le produit n'est défini que si le nombre de colonnes de est égal au nombre de lignes de . Si est et est , alors est , et son coefficient vaut : on combine la ligne de avec la colonne de . Exemple : .
5. Non-commutativité du produit
Contrairement aux nombres, le produit de matrices n'est pas commutatif : en général . Exemple : avec et , on trouve mais . Il faut donc respecter l'ordre des facteurs. Le produit reste cependant associatif, , et distributif sur l'addition.
6. Puissances d'une matrice carrée
Pour une matrice carrée , on définit ses puissances : , , et plus généralement , avec la convention . Exemple : si est diagonale, alors : c'est la grande facilité des matrices diagonales. Pour les autres, on cherche une formule par conjecture et récurrence, ou une décomposition.
7. Matrice inverse (cas )
Une matrice carrée est inversible s'il existe une matrice telle que . Pour , on appelle déterminant le nombre . La matrice est inversible si et seulement si , et alors . Exemple : pour , , donc .
8. Systèmes linéaires
Un système de équations à inconnues s'écrit sous forme matricielle , où est la matrice des coefficients, la colonne des inconnues et la colonne des seconds membres. Exemple : devient . Si est inversible, le système admet une unique solution donnée par .
9. Résolution par la matrice inverse
L'intérêt de l'écriture matricielle est qu'on résout exactement comme une équation : on « divise » par en multipliant à gauche par . De on tire , soit , donc et finalement . L'ordre compte : on multiplie bien à gauche des deux membres.
10. Suites de matrices
De nombreux problèmes (évolution de populations, marches aléatoires, modèles à plusieurs états) se modélisent par une suite de matrices colonnes vérifiant , où est une matrice carrée fixe. On démontre alors par récurrence la formule explicite . Le calcul de se ramène ainsi à celui de la puissance .
11. Calcul de par récurrence
Pour obtenir , on calcule les premières puissances , , on conjecture une expression générale, puis on la démontre par récurrence. Pour une matrice diagonale, la puissance est immédiate (élever chaque coefficient diagonal à la puissance ). Sinon, on cherche parfois à écrire avec diagonale, d'où .
12. Applications
Les matrices interviennent dans la résolution de systèmes, l'étude de suites couplées, les chaînes de Markov (matrices de transition dont les colonnes ont pour somme ), les transformations géométriques du plan (rotations, symétries) et de nombreux modèles d'évolution. Leur force est de transformer des calculs répétitifs en opérations algébriques simples et systématiques.