Pourquoi un tableau de signe ?
Le tableau de signe résume, sur tout , là où une expression est positive, négative ou nulle. C'est l'outil universel de Première spé maths pour résoudre une inéquation , étudier les variations d'une fonction via le signe de , ou déterminer le domaine d'une racine carrée. Le maîtriser, c'est gagner du temps et de la rigueur dans la moitié des exercices d'analyse.
La méthode générale en 4 étapes
- Factoriser l'expression au maximum (produit ou quotient de facteurs simples).
- Trouver les zéros de chaque facteur, ainsi que les valeurs interdites (zéros d'un dénominateur).
- Construire le tableau : une ligne par facteur, une colonne par intervalle délimité par les valeurs trouvées.
- Multiplier les signes colonne par colonne pour obtenir la ligne du signe final.
Cas 1 — Trinôme du second degré
Pour , on calcule le discriminant :
- : deux racines . a le signe de à l'extérieur des racines, et le signe opposé entre les racines.
- : une racine double . a le signe de partout, et s'annule en .
- : aucune racine. a le signe de sur tout .
Mémo : « signe de dehors, contraire dedans ».
Exemple résolu : un quotient
Étudions le signe de .
Étape 1 — Factoriser. Le numérateur a pour racines et (somme , produit ), donc . Ainsi :
Étape 2 — Zéros et valeur interdite. Les zéros sont et ; la valeur annule le dénominateur, elle est donc exclue du domaine.
Étape 3 — Tableau de signe.
La double barre en rappelle la valeur interdite (on n'écrit pas , mais ).
Étape 4 — Conclusion. On lit que sur , et sur .
Cas 2 — Produit ou quotient de facteurs
La règle des signes guide la dernière ligne : positif positif positif, négatif négatif positif, positif négatif négatif. Concrètement, on compte le nombre de signes dans une colonne : pair résultat , impair résultat .
Pour un quotient, la règle est identique, mais on exclut les zéros du dénominateur (double barre verticale, jamais un ).
Les pièges
- Oublier d'exclure les valeurs interdites : un à la place d'une double barre fausse l'ensemble solution.
- Oublier d'inverser le sens d'une inéquation lorsqu'on multiplie ou divise par un nombre négatif.
- Mal lire la dernière ligne : c'est le produit des signes de toutes les lignes au-dessus, colonne par colonne.
- Confondre crochets ouverts et fermés dans la conclusion : on inclut les zéros pour , mais jamais les valeurs interdites.
Application directe : résoudre
Une fois le tableau construit, la résolution est immédiate : on relève les intervalles où la dernière ligne affiche . Pour l'exemple ci-dessus, sur (avec inégalité stricte, on exclut aussi les zéros et ).
Second exemple : un produit de trois facteurs
Résolvons .
Zéros. , , . Attention au facteur : il est positif pour et négatif pour (le coefficient devant est négatif).
| produit |
On cherche : la solution est . Cet exemple montre l'importance de bien lire le signe d'un facteur de la forme , où la croissance est inversée. Une astuce sûre consiste à toujours ramener chaque facteur affine à la forme : le signe dépend alors du signe de et de la position de par rapport à la racine . Ici, , ce qui explique le passage du positif au négatif en franchissant .
Construire le tableau sans erreur
Pour chaque ligne, une seule règle : un facteur affine s'annule en , est du signe de avant cette valeur et du signe de après. Reportez les zéros sur la première ligne dans l'ordre croissant, tracez une colonne entre chaque, puis remplissez ligne par ligne. La toute dernière ligne se calcule en comptant les de chaque colonne : un nombre pair donne , un nombre impair donne .
Tableau de signe et étude de fonction
Le tableau de signe ne sert pas qu'aux inéquations. Pour étudier les variations d'une fonction , on dresse le tableau de signe de sa dérivée : là où , croît ; là où , décroît ; les zéros de donnent les extremums éventuels. C'est le même outil, réinvesti dans tout le programme d'analyse.
Voir aussi : étudier le signe d'une expression et les inéquations avec valeur absolue.