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🗺️ CONCEPTS EN MOUVEMENT — Probabilités · Première
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Probabilités conditionnelles & arbre pondéré

Mettre à jour une probabilité quand on sait que…

🎛️ Manipule : l'arbre pondéré en direct

Règle d'or : on multiplie le long d'une branche, on additionne les chemins qui mènent au même événement.

P(A ∩ B) = produit

0.240

P(B) = somme chemins

0.310

P(A|B) = inversée

0.774

Le long de chaque branche on multiplie ; pour obtenir P(B) on additionne les deux chemins (A→B et Ā→B).

🎲 Quand savoir change tout

Tu tires une carte d'un jeu de 52. La probabilité d'avoir un roi est . Maintenant, quelqu'un te dit : « c'est une figure ». Brusquement, il ne reste que 12 cartes possibles (valets, dames, rois), dont 4 rois. La probabilité d'avoir un roi passe à .

L'information « c'est une figure » a changé la probabilité. C'est tout le sujet : une probabilité conditionnelle est une probabilité recalculée à la lumière d'une information connue.

L'idée clé : on ne change pas le hasard, on change l'univers. Savoir que s'est produit, c'est se restreindre au « monde où est vrai » et y recompter les chances de .

📐 La définition rigoureuse

Soit et deux événements, avec . La probabilité de sachant , notée (ou ), se définit par :

P_A(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}

On divise par parce qu'on se place dans l'univers où est réalisé : devient notre nouveau « tout », de probabilité ramenée à . La part de cet univers qui réalise aussi , c'est exactement .

En réarrangeant, on obtient la formule des probabilités composées, qui est la règle du produit le long d'une branche :

P(A\cap B)=P(A)\,\times\,P_A(B)

🌳 L'arbre pondéré : la machine à raisonner

L'arbre pondéré est l'outil officiel du programme pour organiser tout ça. On le lit de gauche à droite. Au premier niveau, les branches portent et . Sous chaque branche, le second niveau porte les probabilités conditionnelles : , , puis , .

Les trois règles d'or de l'arbre :

  • Somme à chaque nœud = 1. Les branches issues d'un même point se complètent : et .
  • Produit le long d'un chemin. La probabilité d'un chemin complet est le produit des probabilités rencontrées : chemin donne .
  • Somme des chemins. La probabilité d'un événement du second niveau est la somme des probabilités de tous les chemins qui y mènent.

➕ La formule des probabilités totales

L'événement peut survenir de deux façons : soit en passant par , soit en passant par . Comme et forment une partition de l'univers (l'un ou l'autre, jamais les deux), on additionne les deux chemins qui mènent à  :

P(B)=P(A\cap B)+P(\bar A\cap B)=P(A)\,P_A(B)+P(\bar A)\,P_{\bar A}(B)

C'est exactement le calcul que fait la visualisation ci-dessus pour la case P(B) : on remonte les deux chemins menant à et on les additionne.

🔁 Renverser le conditionnement

Attention au piège central du chapitre : et sont deux choses différentes ! Confondre « la probabilité d'être malade sachant qu'on est positif » avec « la probabilité d'être positif sachant qu'on est malade » est l'erreur la plus fréquente. Pour passer de l'une à l'autre, on combine la définition et les probabilités totales :

P_B(A)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(B)}=\dfrac{P(A)\,P_A(B)}{P(A)\,P_A(B)+P(\bar A)\,P_{\bar A}(B)}

C'est la case P(A|B) de la visualisation. En 2026, cette formule a un nom célèbre : la formule de Bayes, que tu retraduiras explicitement en Terminale.

🧪 Un exemple entièrement traité : le test médical

Une maladie touche 1 % de la population : , donc . On dispose d'un test :

  • S'il est positif chez un malade dans 95 % des cas : (sensibilité).
  • Il est positif chez un bien-portant dans 5 % des cas : (faux positifs).

Construisons l'arbre et calculons. Produit le long des branches (probabilités composées) :

  • Chemin « malade et positif » : .
  • Chemin « sain et positif » : .

Somme des chemins menant à (probabilités totales) :

P(T)=0,0095+0,0495=0,059

Question piège : tu es positif. Quelle est la probabilité d'être réellement malade,  ? On renverse le conditionnement :

P_T(M)=\dfrac{P(M\cap T)}{P(T)}=\dfrac{0,0095}{0,059}\approx 0,161

Seulement 16 % de chances d'être malade malgré un test positif{!}

C'est contre-intuitif : comme la maladie est rare, les faux positifs (issus des 99 % de gens sains) écrasent en nombre les vrais positifs. Voilà pourquoi un test positif est presque toujours refait. Le piège a des conséquences très concrètes.

🔓 Quand l'information ne change rien : l'indépendance

Parfois, savoir que s'est produit ne change rien à la probabilité de . On dit alors que et sont indépendants. Formellement :

et indépendants

Exemple : deux lancers de dé successifs. Le résultat du premier ne renseigne en rien sur le second ; . À l'inverse, « tirer une figure » et « tirer un roi » dans un jeu de cartes ne sont pas indépendants : l'un renseigne sur l'autre, comme on l'a vu au début.

🎓 Le lien avec ton programme bac

Ce chapitre est un socle qui irrigue tout le reste des probabilités au lycée :

  • Première : probabilité conditionnelle, arbre pondéré, formule des probabilités totales, indépendance.
  • Loi binomiale : répétition d'épreuves indépendantes et identiques — l'indépendance vue ici en est la clé de voûte.
  • Terminale : la formule de Bayes formalise le « renversement du conditionnement » qu'on a calculé dans l'exemple du test médical.
  • Variables aléatoires : espérance et loi d'une variable s'appuient sur ces probabilités élémentaires.
  • Au-delà : en sciences, médecine, IA, le raisonnement bayésien (« mettre à jour une croyance avec une donnée nouvelle ») est partout. Tout part de .

Une seule formule, , et trois gestes d'arbre — multiplier le long des branches, additionner les chemins, renverser pour Bayes — suffisent à résoudre la quasi-totalité des problèmes de probabilités du lycée. Manipule la visualisation jusqu'à ce que les trois cases bougent « toutes seules » dans ta tête.

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