Pourquoi une méthode ?

Étudier une suite , c'est répondre à trois questions dans un ordre logique : la suite est-elle bien définie et minorée/majorée ? Est-elle croissante ou décroissante ? Converge-t-elle, et vers quelle limite ? La plupart des exercices de Terminale suivent ce fil. Voici la marche à suivre, avec les outils à mobiliser à chaque étape.

Étape 1 : démontrer une propriété par récurrence

Dès qu'une suite est définie par une relation , on prouve souvent ses propriétés (encadrement, signe, formule explicite) par récurrence. La rédaction comporte toujours trois temps.

Initialisation

On vérifie que la propriété est vraie au premier rang, en général ou . Cette étape est courte mais indispensable : sans elle, la démonstration est fausse.

Hérédité

On suppose vraie pour un entier quelconque fixé (c'est l'hypothèse de récurrence), puis on démontre . C'est ici qu'on utilise la relation et, souvent, les variations de .

Conclusion

Par le principe de récurrence, est vraie pour tout . On n'oublie jamais cette phrase finale.

Étape 2 : déterminer le sens de variation

Trois techniques, à choisir selon la forme de la suite.

  • Étudier le signe de . Si cette différence est positive pour tout , la suite est croissante ; si elle est négative, décroissante. C'est la méthode la plus universelle.
  • Comparer le quotient à lorsque tous les termes sont strictement positifs. Si le quotient est supérieur à , la suite croît ; s'il est inférieur à , elle décroît.
  • Utiliser les variations d'une fonction. Si , le sens de variation de la suite est donné par celui de sur .

Attention : une suite définie par n'a pas forcément le même sens de variation que . On revient alors à l'étude du signe de , souvent par récurrence.

Étape 3 : majorer ou minorer

Une suite est majorée s'il existe un réel tel que pour tout ; elle est minorée s'il existe tel que . Elle est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

En pratique, on devine la borne (souvent la limite candidate) puis on la démontre par récurrence. Par exemple, pour prouver , on vérifie l'encadrement au rang initial, puis on suppose et on applique en utilisant ses variations pour obtenir .

Étape 4 : conclure sur la convergence

Le théorème de la convergence monotone

C'est l'outil clé de Terminale :

  • Toute suite croissante et majorée converge.
  • Toute suite décroissante et minorée converge.

Ce théorème garantit l'existence d'une limite finie, mais ne la donne pas. Une suite croissante non majorée, elle, tend vers .

Trouver la limite par le point fixe

Si est définie par , qu'elle converge vers une limite et que est continue, alors vérifie l'équation du point fixe :

On résout cette équation, puis on retient la solution compatible avec l'encadrement trouvé à l'étape 3. Ainsi, si et , on résout , soit , d'où (la racine négative est exclue car ).

L'astuce de la suite auxiliaire géométrique

Quand la relation est de la forme (suite arithmético-géométrique), une seule récurrence ne suffit pas. On introduit une suite auxiliaire , où est le point fixe vérifiant .

On démontre alors que est géométrique de raison : on calcule . On en déduit la formule explicite , puis . Si , on conclut immédiatement que , puisque .

Récapitulatif

  • Récurrence : initialisation, hérédité, conclusion.
  • Variations : signe de , quotient, ou fonction associée.
  • Bornes : majorer/minorer par récurrence, souvent avec la limite candidate.
  • Convergence : théorème monotone pour l'existence, point fixe pour la valeur.
  • Suite auxiliaire : géométrique pour les suites .

Avec cette grille, n'importe quel exercice sur les suites se traite méthodiquement, de la définition jusqu'à la limite.